De la déconstruction.

janvier 01, 2018
DEVINEZ QUI A SURVÉCU À 2017 ?

American Horror Story : Coven (2013-2014)

"New year, same me because I am this bitch who never learn."
Et si on pouvait changer ?

Le nouvel an c'est le début d'un nouveau livre de 365 pages, le nouveau tome de notre propre biographie. On ne recommence pas tout, on ne peut pas tout recommencer... alors, on décide de faire les choses différemment. Pour ce faire, nous nous donnons de nouveaux objectifs que nous appelons des résolutions. Les plus classiques sont d'arrêter de fumer ou diminuer sa consommation de tabac, de se mettre au sport, de dormir mieux, de s'investir un peu plus dans ses études ou son travail. Certains se fixent des challenges, comme apprendre une langue, partir seul à l'étranger, obtenir son permis avant la fin de cette nouvelle année. D'autres souhaitent un changement radical et décide d'entamer une réorientation scolaire ou professionnelle, de partir vivre dans un pays étranger, de faire un road trip continental, voire carrément un tour du monde ! Bref, le jour du nouvel an a cette magie qui lui est propre : tout nous semble de nouveau possible... comme si la vie nous donnait inlassablement de nouvelles opportunités. Celles de nous accomplir, de devenir une meilleure personne pour soi et pour les autres.

Devenir une meilleure personne, c'est ce qu'implique la déconstruction.

La déconstruction : kézako ?

"In order to change the world, you must first change your way of thinking." - Nicole Addison
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Normalize Pacify Contain Adapt Integrate Control And Adjust To Corrupt Society (2011), Paulo Zerbato
 Nous apprenons à penser. Ce n'est un secret pour personne et nous en sommes tous conscients. Éduquer, inculquer des valeurs à un enfant, c'est lui offrir un prisme par lequel entrevoir, analyser et comprendre le monde. L'éducation n'est pas fondamentalement parentale, elle est aussi scolaire, mais surtout sociale. Les idées que nous nous forgeons les premières années de notre vie nous sont imposées, et diffèrent selon le type de foyer dont nous venons et surtout selon le type de société dans laquelle nous nous développons. En bref, l'individu est un produit des autres, d'un tout. 

Le problème de ce tout, c'est qu'il a souvent des failles. Il peut être opprimant, inéquitable, inégalitaire, hiérarchique. Ce tout, et part là j'entends la société, fixe ses idéologies au rang de norme sociale. Dès lors, on ne perçoit pas ses failles comme telles. On dit des choses racistes, on a des comportements sexistes, des pensées homophobes, parce qu'on a toujours fait comme ça et les autres aussi... Oui, mais non. Parfois on a fait pire, et apparemment, le fait qu'il y ait eu pire dédramatise encore plus l'horreur de nos actes et de nos paroles. Alors que pour les opprimés chaque bataille gagnée n'est qu'un petit pas de plus sur les kilomètres de marathon à parcourir pour pouvoir être considéré comme des êtres humains à part entière, l'acquisition de certains droits fondamentaux est perçu comme une victoire qui signe la fin d'une lutte pour le reste de la société. Même société au sein de laquelle ceux qui représentent les forces de l'ordre continuent d'exercer le contrôle au faciès, mais il n'y a plus de racisme. Une société dans laquelle les femmes ont un salaire moindre que celui des hommes pour le même boulot, mais il n'y a plus de sexisme.

Il y a encore tellement de chose à changer dans ce tout... qu'attendez-vous des produits de ce tout que nous sommes ?

Quand on a une certaine conscience des choses anormales qui se passent dans notre société, on a la critique facile ce qui nous fait souvent oublier qu'on a pas toujours été aussi safe... jusqu'à ce qu'on te le rappelle. Parce que oui, nos mots et nos actes ont un impact significatif sur chaque être humains avec qui on interagit. Oui, pour certains, les comportements opprimants ont eu un impact sur le morale et la santé mentale de d'autres personnes. Le pardon est un luxe, et si les victimes de comportements discriminatoires n'ont pas envie de l'accorder à leur anciens oppresseurs repentis, elles ont tous les droits. Jamais de la vie je n'imposerais à une personne qui à souffert d'insultes, d'agressions ou de harcèlement d'accorder le pardon à l'une des personnes qui a participé à ces actes de violence sous prétexte qu'elle a pris conscience de certaines choses et qu'elle s'en veuille.

Cependant, on ne peut pas critiquer la déconstruction et considérer cela comme une notion ou un processus dépourvu de sens. Même si ça semble ridicule d'applaudir un poisson qui sait nager (autrement dit, de féliciter des personnes de ne pas être raciste, lgbtphobe, sexiste, etc... bref de féliciter une personne parce qu'elle a un comportement décent), dans une société qui perpétue des modes de pensées opprimants, c'est presque être marginale. Ne pas se conformer à un mode de pensée dominant et institué comme norme bien qu'il soit discriminatoire, ça demande un profond travail de remise en question que peu de gens font ou veulent faire. De plus, même ceux qui décident de remettre le système de pensée dominant en question peuvent continuer d'avoir des comportements ou des pensées problématiques. On est jamais complètement safe parce qu'il y a toujours des choses qui nous échappent ou des pensées qui sont si profondément ancrées qu'on peut avoir plus de mal à saisir la problématique qui les concerne. Ce n'est pas pour autant qu'on ne peut pas essayer. C'est difficile de se décentrer d'une problématique et de placer la parole des concernés au centre du débat, de regarder au delà de ce qu'on nous a toujours appris, de ne pas faire de notre expérience personnelle et individuelle ou de cas isolés un fait universel. Je sais de quoi je parle parce que je suis passée par là, et qu'aujourd'hui encore, je peux faire/dire des choses triggering pour certaines personnes sans en être réellement consciente sur le coup. Cependant, je sais aussi que s'il n'y avait pas des gens pour faire un travail d'éducation et de pédagogie et ouverte au dialogue je n'aurais peut être pas totalement saisie à quel point je pouvais être problématique. Loin de moi l'envie d'imposer une quelconque forme de militantisme : vous ne devez rien à personne. Vous avez le droit de ne pas vouloir faire de la pédagogie. Je sais à quel point ça pèse psychologiquement de toujours devoir expliquer l'évident autour de vous. Des fois on ne demande rien d'autre que du respect, et on en a marre d'expliquer pourquoi et comment. Encore une fois : vous ne devez rien à personne, et votre bien être doit toujours être une priorité.
Pour autant, nous ne sommes pas toujours confrontés à des gens butés qui essayent juste, sans succès, de nous prouver qu'on a tort ou qu'on est parano. Parfois il y a vraiment des gens qui essayent de comprendre, et comme je l'ai dit précédemment : le processus de déconstruction est difficile. Il faut savoir parler, utiliser les bons mots, renvoyer aux sources facilement accessibles à tous, et surtout faire preuve de beaucoup de patience.

La déconstruction est un processus important dans une société qui modèle l'individu selon ses valeurs et sa vision des choses, bien que ceux-ci ne constituent en aucun cas une vérité universelle et indémontable. Même si nos actions du passé ont eu un impact négativement significatif sur certaines personnes, ce qui compte et importe c'est de se détacher au mieux de l’exécrable personne qu'on a pu être, afin de devenir une meilleure personne pour soi... et surtout, pour les autres.


SUR CES MOTS, JE VOUS SOUHAITE UNE AGRÉABLE ANNÉE 2018, PLEINE DE RÉUSSITE ET DE BONHEUR !

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© Christie K-M. Fourni par Blogger.